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Avis de lecture du 27/11/2018

20 Janvier 2019, 12:46pm

Publié par Pascal Tresson

Les coïncidences sont souvent de bonnes leçons. À peine m’étais-je plaint de ne pas trouver chaussure à mon pied que le hasard me fait découvrir Le poids de la neige, roman récent du Québecois Christian Guay-Poliquin aux éditions de l’Observatoire.

Le narrateur est victime d’un grave accident alors qu’il revient, après dix ans d’absence voir son père dans un village perdu au milieu de la forêt canadienne. Ses jambes sont gravement atteintes. Les habitants le secourent et le placent dans une maison abandonnée, auprès d’un vieil homme retenu lui aussi sur place par la malchance. Ce dernier attend impatiemment de pouvoir repartir vers la ville et sa femme mais la neige hivernale bloque tout et tout le monde.

Jour après jour, l’épaisseur de neige augmente, rythmant la vie des naufragés et servant de titre aux chapitres. Une panne générale d’électricité se produit avant que pénurie s’étend peu à peu à l’essence, aux vivres et aux médicaments. Dans cette maison isolée d’un village isolé, la véranda où survivent les deux hommes prend l’allure d’une geôle au cœur du labyrinthe mythique, auquel l’auteur fait régulièrement référence. On pourrait penser à Malevil de Robert Merle ou à Ravages de Barjavel mais l’atmosphère est beaucoup plus intimiste.

On ressent ainsi le poids physique et moral de la neige qui s’accroît au fil des jours et des pages, révélant un entremêlement de solidarité et d’égoïsme entre les villageois comme entre les deux principaux protagonistes. On partage avec eux cette atmosphère lourde qui décape les apparences sociales, comme toute situation extrême y parvient.

Une belle expérience donc, plutôt bien écrite et subtilement menée.

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